Trilogie poético-sarcastique sans rimes, sans pieds, sans classe | 2008
1 – Portrait d’un grand homme
Mister Power est un homme important
Mister Power est un gros con fini
Son expression favorite est Veni vidi vici
Veni vidi vici
I came, I saw, I conquered
Y m’ont rejoint
Y m’ont vu les regarder
Y s’sont faite fourrer
Il vend des cigarettes…
En fait, il ne le fait pas vraiment
Ses cigarettes sont achetées
Son fast-food est mâché
Sa crisse de musique est écoutée
Son poison circule dans nos veines
Attention, eh, Mister Power n’est pas seul
Il connait monsieur McDo, monsieur Rogers
Monsieur Microsoft, monsieur Astral Media
Un tas de monsieurs coopèrent pour fourer plus
Pour qu’on se fasse plus fourer
Mister Power fait chier la planète
Incluant les humains, les animaux
les arbres, les ruisseaux
le foin, la roche
tout le monde
Mais Mister Power est père de famille
Il aime ses enfants, sa femme
les balades en nature et le vélo…
Power est triste
le con
2 – L’étiquette
Mets le couteau à droite
la petite cuiller à côté
le rince-doigt en haut
la louche à gauche
à dix centimètres de l’assiette
avec une orientation de 21.33 degrés
Le dernier couteau, le gros butcher
dans la poche intérieure du veston
au cas ou un arriéré est présent
ayant placé sa petite cuiller à gauche
comme un imbécile, un inculte du manger
un putain d’irrévérencieux
toujours pratique de pouvoir le découper
pour le manger au repas suivant
le prochain repas étiqueté
Sourrit, salutationne les grandes dames
marche lentement, sûrement, la tête haute
très haute, surtout devant les gens normaux
ait le parfum de l’année
ait l’air sportif et intelligent
musclé et insouciant
soit le meilleur
tout simplement
sinon tu mourras
3 – Les relations
La vie en société est une question de respect
ne laisse personne te manquer de respect
parce que t’es de la haute
t’es de ceux qui savent manger
boire et dormir
les gens normaux sont des animaux
un bétail à tes pieds
ne l’oublie jamais
Les animaux ne sont bons qu’à satisfaire leurs besoins primaux
se goinfrer, baiser, se saouler, crier des obsénités
envoyer chier ceux qui les mettent en cage
Ils n’ont pas compris que l’argent fait le bonheur
ils sont frustrés
ils t’envoient des regards méfiants
ils sacrent tout le temps
au nom de la liberté
la liberté ce n’est bon que pour les pauvres
la liberté ce n’est bon que pour les animaux
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