machine à compter, machine à écrire des lettres d’amour, machine à souffrir.

Entrée de avril 2008

Music for bondage performance

avril 29, 2008 · 7 commentaires

Je reviens sur son excellence, Merzbow, e’l pire d’par chez eux, monsieur audio-masochisme. Quand j’écoute ses albums les plus extrèmes (95% de sa discographie), j’en viens à ressentir de la chaleur dans les tympans (j’imagine que c’est les tympans… le dedans des oreilles en tout cas). Au début, ça gossait, mais au fur et à mesure, on reconnaît Merzbow à cette petite douleur dans les oreilles. Et un magicofantastique lien se crée entre la musique et toé à travers cette petite douleur. T’en viens à aimer cette douleur, ca réconforte, ça te fait sentir vivant.

Ayant lu des extraits du livre qu’Akita a écrit sur la culture extrème, le monsieur a commencé sa carrière en distribuant par la poste des mixtapes mal enregistrées avec des photos de porno extrème. Disons le tout de suite, les japonais sont forts sur l’extrème. En porno, ils font des dessins de p’tites filles qui se font fourrer dans tous les trous en même temps par des machines et des bibites qui bavent, mais y’a aussi le bondage (bandage) qui, apparemment, est un art japonais qui a traversé des décénnies. fok-top hein. Le bondage c’est quoi ? C’est simplement d’la porno qui met en vedette des filles attachées de partout, les boules presques bleues tellement elles sont serrées par la corde. Une forme d’art incomprise qui choque beaucoup de monde, pis c’est normal.

Akita décrit son oeuvre (en partie) comme la porno extrème de la musique. J’comprends ben, ca procure une sorte de jouissance avec un produit qui contient des sons extrèmes qui font (… semi-) bobo. On pourrait facilement comparer sa musique à un jouet sexuel, avec ce titre d’album : Music for bondage performance. Ça a été enregistré dans un show ou une coquette sélection d’image présentant des seins de plus en plus bleus était projetée aux spectateurs. Quoi de plus normal avec Merzbow.

La culture japonaise a des dessous assez surprenants et je dois dire que la musique extrème (metal/electro) m’a toujours attirée. Quant à la porno bondage, c’est pas mon trippe, mais ça pique énormément ma curiosité. Une chose que j’aime bien, mentionnée par Akita, est cette idée du surréalisme selon laquelle tout est érotique (“Everything is Erotic, Everywhere Erotic”). Pour Merzbow, sa musique est la forme la plus érotique du son, puisque le bruit est la forme la plus “réelle” du son.

À toute.

Catégories : electro · noise
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Quelques paroles de Jacques

avril 29, 2008 · Laisser un commentaire

En lisant ce titre, ceux qui connaissent Prévert savent que je vais parler de son recueil simplement et efficacement nommé Paroles. Mon petit compagnon de papier, Paroles est un tas d’émotions, de révolte, un pur délice de VRAI. Oh oui, du vrai, adieu les mots fancys et les vers piedés, seulement des mots, des trippes, un humour implaccable et une mélancolie sans fond. Je ne me rappelle pas avoir lu un recueil qui me parle autant. Allez-y, régalez-vous.

ATER NOSTEF

Notre Père qui êtes aux cieux,
Restez-y!
Et nous nous resterons sur la terre
Qui est quelquefois si jolie
Avec ses mystères de New York
Et puis ses mystères de Paris
Qui valent bien celui de la Trinité
Avec son petit canal de l’Ourcq
Sa grande muraille de Chine
Sa rivière de Morlaix
Ses bêtises de Cambrai
Avec son océan Pacifique
Et ses deux bassins aux Tuileries
Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets
Avec toutes les merveilles du monde
Qui sont là
Simplement sur la terre
Offertes à tout le monde
Eparpillées
Emerveillées elles-mêmes d’être de telles merveilles
Et qui n’osent se l’avouer
Comme une jolie fille nue qui n’ose pas se montrer
Avec les épouvantables malheurs du monde
Qui sont légion
Avec leurs légionnaires
Avec leurs tortionnaires
Avec les maîtres de ce monde
Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs
reître
Avec les saisons
Avec les années
Avec les jolies filles et avec les vieux cons
Avec la paille de la misère pourissant l’acier des
canons.

Le temps perdu

Devant la porte de l’usine
le travailleur soudain s’arrête
le beau temps l’a tiré par la veste
et comme il se retourne
et regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il cligne de l’œil
familièrement
Dis donc camarade Soleil
tu ne trouves pas
que c’est plutôt con
de donner une journée pareille
à un patron ?

La cène

Ils sont à table
Ils ne mangent pas
Ils ne sont pas dans leur assiette
Et leur assiette se tient toute droite
Verticalement derrière leur tête.

Je suis comme je suis

Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Quand j’ai envie de rire
Oui je ris aux éclats
J’aime celui qui m’aime
Est-ce ma faute à moi
Si ce n’est pas le même
Que j’aime chaque fois
Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Que voulez-vous de plus
Que voulez-vous de moi

Je suis faite pour plaire
Et n’y puis rien changer
Mes talons sont trop hauts
Ma taille trop cambrée
Mes seins beaucoup trop durs
Et mes yeux trop cernés
Et puis après
Qu’est-ce que ça peut vous faire
Je suis comme je suis
Je plais à qui je plais

Qu’est-ce que ça peut vous faire
Ce qui m’est arrivé
Oui j’ai aimé quelqu’un
Oui quelqu’un m’a aimée
Comme les enfants qui s’aiment
Simplement savent aimer
Aimer aimer…
Pourquoi me questionner
Je suis là pour vous plaire
Et n’y puis rien changer.

Catégories : poésie
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Merzbeat Merzbear Merzbird MERZBOW

avril 27, 2008 · Un commentaire

Une découverte récente (grâce à Petite fille) : Merzbow, le maître incontesté du japanoise. En fait ça fait depuis les early 80’s qu’il manipule le bruit pour en faire une incroyable anti-musique… qui reste de la musique ! Un énorme coup de coeur pour l’homme derrière Merzbow : 秋田昌美 AKITA Masami.

Le monsieur utilise des technologies low-tech qu’il a préalablement cassées, égratignées et pockées, tout ça pour les déchaîner. :) En additionnant progressivement les tracks et en utilisant ces machines de bruits qui produisent de la distortion, on obtient un phénomène appelé saturation de son. Il est donc normal que la majorité des gens n’apprécie pas ce type de musique qui vient littéralement surexciter les tympans. miam.

Si vous regardez dans mon blogroll, vous y verez le projet Merzbow. Ce sont plusieurs personnes (dont Lorazepam) qui organisent un marathon Merzbow. C’est simple, des gens en écoutent exclusivement, nuit et jour pour étudier la merzperception… ^^

J’ai écrit un témoignage d’une expérience assez intense avec Merzbow, je crois que ça peut aider (un peu) à comprendre ce qu’est la merzperception. Voici :

Je suis à bord d’un minuscule avion en direction d’un changement d’air, le grand nord québécois. Je respire tranquillement, je suis concentré. Merzbow (l’unique, l’extrême expérience, anti-musique, audio-masochisme, saturation de son, bruits additionnés et distortionnés) traverse mes écouteurs pour égratigner mes tympans. Je sens aussi les vibrations saccadées de l’avion dans mon corps. La machine volante produit aussi des sonorités très proches de celles dans mes écouteurs. Le mélange est exquis : vibrations, cacophonie réelle, cacophonie merzesque. Je m’imagine soudain en plein écrasement. Concentré comme jamais, je piège mon esprit. J’observe la descente de l’intérieur. Par simple plaisir mental, sensoriel. Je savoure cette grande illusion, jusqu’à ce que BANG ! Je plonge… c’est la fin. Puis je remonte tranquillement dans l’avion, je remonte doucement à la réalité. Quelle intensité. Je retire mes écouteurs et je sens mon coeur ralentir sa cadence. Peu à peu, je redeviens totalement présent et je me concentre sur les bruits ambiants. Des sons puissants et parfois très aigus, une horrible anti-mélodie digne de Merzbow ou même meilleur ! Un show live, non-organisé, un spectacle devant lequel personne ne semble concentré (des bruits, c’est normal, on est dans un avion). Chaque individu ignore ces bruits, qui, pourtant, lui saigneraient probablement les oreilles si écoutés à travers des écouteurs. Je me satisfais de la complexité du son évacué par tant de pièces mécaniques en vibration. Des sons partent et reviennent, l’effet de surprise, l’effet de montée, une violence auditive qui se déchaîne à certains moments paroxysmiques. Je plane.

Quelle inspiration spirituelle. Une constante concentration sensorielle, auditive, la beauté du bruit de l’instant présent.

Ben on a beau en parler faut aussi écouter ! J’aime bien ce vidéo où on voit Merzbow qui effraie les habitants d’un petit village : http://youtube.com/watch?v=QbBBczzDeCA

Et puis ? Si c’est la première fois que vous écoutez du noise, c’est tout à fait normal que vous trouviez cette musique lourde. Sachez tout de même qu’on s’habitue progressivement à une telle aggressivité sonore.

À la suite de mon expérience, j’ai créé mon propre morceau à l’aide de bruitages libres de droits pour la radio et le cinéma. J’ai prévilégié les bruits que j’ai déjà entendus, qui m’inspirent le plus : voiture, vent (je vis aux Îles-de-la-Madeleine), avion, séchoir, métro et plus. J’ai tout fait à l’aide de CuBase, un logiciel totalement nouveau pour moi qui s’est avéré efficace. Ma démarche n’a donc rien d’aussi honorable que le maître, mais le résultat est très très proche de ce que j’avais en tête.

machines.mp3 (clic droit>enregistrer sous pour downloader)

J’ai aussi fait un design, juste pour le fun, d’un site de fan club québécois de Merzbow. Je sais pas si le site va vraiment se faire, mais bon. ^^

design

Sur ce, bonne nuit, bon soir, si vous cherchez sur le net, vous trouverez fort probablement du Merzbow, il a sorti plus de 200 albums. ;-)

Catégories : electro · noise
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Brezuuuuip

avril 27, 2008 · Laisser un commentaire

Ceci est ma page perso, mon coin du tout permis, mon cyber-nuage, cyber-jardin, cyber-espace.
Je vais tenter de rendre honneur à la musique (électro/jazz/metal) et à la littérature (théâtre/poésie/jacquesprévert) qui me font vibrer viscéralement.

Tas de mots-clés (#1) :

kraftwerk, autechre, attention deficit, midinette records, operateur fotokopieur, syndrome wpw, tha blue herb, merzbow, nordvargr, burzum, thich nhat hanh, lama surya das, ionesco, jarry.

À toute !

We are the robots, the man-machine.

Catégories : clickety clack à tous